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POÉSIE LUNAIRE

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Exprimer sa vérité, c'est devenir ce que nous sommes dans notre essence.
Devenir pleinement conscient de ses pensées, de ses paroles, puis de ses actes, engendre un mouvement de syntonie avec l'univers.
Peindre est devenu pour moi un acte syntoniseur qui me permet de comprendre un peu mieux ce qu'est le monde et qui je suis.
La peinture est pareille à un miroir magique dans lequel apparaissent des manifestations de l'infini.
Moins la personnalité laisse ses traces sur le miroir, plus l'infini se révèle, plus la vision est nette, plus elle est pure.


   

Poésie Lunaire

Je me souviens de l'odeur du blé en été lorsque j'étais enfant.

Je me souviens de la chaleur des prairies et de leurs parfums enivrants. 
Je ressens encore cette joie immense qui m'étreignait quand secrètement je découvrais les campagnes de mes vacances,
inondées de papillons, de sauterelles et d'insectes inconnus.
Mon bonheur rayonnait pleinement quand je dévalais les pentes des vieux villages,
faisant fuir les poules et les dindons,

 

Poésie lunaire
  Poésie Lunaire, Peinture de © François SCHLESSER
 

  

J'ai le souvenir d'un monde qui savait me communiquer la vie.
Ce monde, c'était mon monde, celui de mon enfant intérieur.
Celui qui me guidait exactement là où je devais passer, là où le bonheur était le plus intense.
J'étais simple et c'était cela qui m'extasiait.
La chaleur de l'été m'emportait dans les rêves que soufflait le vent.
Je sentais la planète et sa vie.
Je devenais le monde à moi tout seul.
Je devenais tout.
Je devenais l'infini quand je le voulais.
Puis je redevenais moi, le petit garçon merveilleux qui parlait aux escargots, aux cailloux et au sable,
exhalant l'univers aux mille merveilles. 
Je savais que j'étais d'ailleurs. 
Je savais que rien ne s'arrêtait, que rien n'avait commencé ni ne finirait. 
Je le savais en moi comme la certitude qui se manifeste sans que je la demande.
Je le savais d'une source sûre.
Je savais l'infini.
Je pouvais tout car j'étais relié à l'esprit des mondes, tout naturellement.
Savoir que je peux tout est de nature apaisante.
Être infiniment puissant, c'est être en paix avec la vie, c'est être en harmonie avec la nature même de l'infini.
C'est ainsi que je me souviens du bonheur extrême d'être tout petit et grand en même temps.
C'est ainsi que je me souviens du bonheur d'être un enfant.
Puis, il y avait les accélérations.
J'aimais tant ces accélérations quand elles arrivaient par surprise, n'importe quand, surtout quand j'étais joyeux.
Des centaines de millions d'étoiles s'enflammaient d'un seul coup au fond de moi et tout s'accélérait.
Je pensais et comprenais tout ce que je devais comprendre immédiatement comme relié sur le bonheur lui-même.
Là vraiment, j'aimais.
Je me souviens de ce bonheur indicible de connaître l'essence des choses.
Tout devenait clair, car dans ces illuminations, je comprenais ce qu'était le réel, que cela faisait partie du tout.
Quand elles se dissipaient, je retrouvais ma joie normale et mon bonheur se transcendait d'avoir connu le ciel.
J'avais confiance, infiniment confiance.
François

 




vendredi, 20 octobre, 2017 - 13:34